L’Aragon, terre d’histoire

En Aragon, chaque randonnée donne à voir un épisode d’une histoire marquée par 5 siècles d’occupation musulmane et riche en rebondissements.

L’Aragon est habité depuis la préhistoire, comme en témoignent les dolmens et cromlechs que l’on peut voir au cours des randonnées comme dans la vallée d’Aguas Tuertas.

En Aragon, il ne faut pas dire nos ancêtres les gaulois, mais les celtibères.

Puis viendra le temps des romains. Leur frénésie urbanistique, lèguera à la postérité des villes comme Saragosse, littéralement Caesaraugusta (César Auguste). Les chemins de Saint Jacques de Compostelle empruntent pour la plupart le tracé d’anciennes voies romaines, ce qui en fait des voyages dans l’histoire.

A la fin de l’empire romain en 476, les wisigoths, barbares romanisés s’installent en Espagne et feront de Tolède leur capitale. Ce sont des chrétiens de rite arien ne reconnaissant pas la nature divine de Jésus Christ. La rupture avec l’église catholique romaine est consommée.

En 711, les Arabes envahissent l’Espagne.

Ils y resteront plus de 500 ans. Ils se désintéressent des Pyrénées au point de ne même pas tenter d’y rentrer et préférant en faire le tour pour continuer leur avancée en territoire français avant d’être arrêtés à Poitiers par Charles Martel.

Ainsi épargnées, les vallées pyrénéennes, appelées « Marches d’Espagne », feront office de cordon défensif contre la poussée musulmane. De petits royaumes voient le jour dans les vallées.

Cordoue devient la capitale de l’al-Andalus prémisse de l’Andalousie.
Parmi les wisigoths les conversions sont nombreuses. Certainement plus par intérêt que par conviction religieuse.
Les nouveaux maîtres ne dédaignent pas de prendre pour épouse de belles chrétiennes au teint laiteux. Certaines affaires devaient se régler autour de repas de famille.

Miné par des dissensions internes l’émirat de Cordoue se fissure.

Des rêves de reconquête commencent à agiter les esprits des roitelets pyrénéens.

Les mozarabes chrétiens de la région de Huesca, se rebellent. Battus à plate couture, ils se réfugient dans le Serrablo où ils construisent de magnifiques églises, aujourd’hui orgueil de la région.

La véritable révolte se produira avec Ramiro I°. Né en 1035 dans la vallée de Hecho, il entreprend de croiser le fer avec Al-Muqtadir roi de la taïfa de Saragosse. Les historiens le considèrent comme le premier roi d’Aragon. Il est tué au siège de Graus près de Roda de Isabeña. Sa dépouille repose à San Juan de la Peña qui sera pendant plusieurs siècles le panthéon des rois d’Aragon.

Entre le XIII et XVème siècle, le royaume d’Aragón annexe la Catalogne, le Roussillon, les Baléares et la Sicile.
Les châteaux cathares, (appelés à tort ainsi), ont été construits sur ce qui était à l’époque la frontière entre les royaumes de France et d’Aragon.

Pays Cathare

En 1469, mariage secret de Ferdinand II d’Aragon et d’Isabelle de Castille. Ils formeront le fameux couple des Rois Catholiques. Après avoir achevé la Reconquête, ils ouvriront la sombre page de l’Inquisition.
L’histoire de l’Aragon se confond désormais avec celle de l’Espagne et connaîtra des fortunes diverses.

En 1936 éclate la guerre civile d’Espagne.

Elle oppose républicains et nationalistes. Le nord Aragon est plutôt dans le camp des premiers. Le douloureux épisode de la « poche de Bielsa » prés de Pineta marquera l’effondrement du front Aragonais.

Sous Franco, les Pyrénées Aragonaises connaîtront une phase de reboisement intensif et d’aménagement de barrages. Ces travaux motiveront l’expulsion de villages entiers comme la Garcipollera.

En 1975, Juan Carlos monte sur le trône et crée 17 régions autonomes, dont l’Aragon.
Chacune est gérée par un parlement (Cortes) et un organe exécutif (Diputación).
En 1985 l’Espagne entre dans l’Europe et connait un boom économique.

Après l’embellie viendra la crise.

En 2014 Juan Carlos abdique au profit son fils Felipe VI.

Par Gérard Caubet

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