A la rencontre des granges foraines…

Relais entre la ferme du village et les hauts pâturages, les granges foraines contribuent au charme de nos paysages. Mais au-delà de l’esthétisme, l’utilisation agricole et la restauration de ces « reines des prés » permettent aussi de préserver l’héritage culturel et pastoral. Particulièrement présent dans les Hautes-Pyrénées, ce bâti traditionnel participe au charme des randonnées proposées par la Balaguère.

Lieu de vie… et nostalgie

L’usage de la grange foraine (l’adjectif forain signifie ici à  « l’écart de ») est commandé par le rythme des saisons. Souvent située en moyenne montagne, elle accueille les troupeaux dès que l’herbe reverdit. Environnée de prés de fauche, sa vocation est double. Stocker le foin récolté durant l’été et abriter les animaux. C’est au 1er étage, dans le fenil, qu’est entreposé le fourrage. Au rez-de-chaussée, l’étable héberge le bétail… et très souvent le berger. Celui-ci dispose alors d’une petite pièce qu’il aménage de façon sobre mais chaleureuse. Parfois, cet abri saisonnier se situe à l’extérieur et ressemble alors à une petite maison.

Les alentours de la grange sont organisés de façon très méthodique. Tout d’abord, la cour attenante, dallée ou pavée, sert de lieu de rassemblement extérieur au troupeau. Dans cet espace semi-fermé par un mur bas, se trouve l’abreuvoir et un abri frais pour le lait que l’on nomme leyte ou cabanère.

Plus loin, on découvre une amenée d’eau sous forme de canal d’irrigation, ainsi qu’un endroit réservé à l’entreposage du fumier.

Grange Foraine

Grange foraine

En harmonie avec la nature

Intéressons-nous maintenant au bâti proprement dit. Les murs se font les interprètes de la géologie locale. Ainsi, sont-ils réalisés en schiste, en granit, ou en calcaire mêlé aux autres matériaux de la montagne. La couverture du toit fut longtemps conçue en chaume, le plus souvent en paille de seigle. Aujourd’hui, c’est l’ardoise qui s’impose avec là encore des nuances, de gris ou de bleu, en fonction des lieux d’extraction.

En pays de montagne, comme dans les vallées de Luz, de Barèges ou de Gavarnie l’implantation des granges prend un caractère bien particulier afin de se prémunir des dégâts des avalanches. Ainsi, sont-elles en partie encastrées dans le sol avec une seule pente de toit. Parfois aussi, la construction de véritables étraves de pierres sur l’amont permet de détourner la coulée de neige.

Les granges foraines représentent un sujet d’étude passionnant par leur diversité, leur histoire et l’harmonie de leur architecture…

Par William Boinot
Concepteur-rédacteur et Journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*