Les premières ascensions du Pic du midi d’Ossau

Figure emblématique des Pyrénées, le Pic du Midi d’Ossau, est à tout point de vue étonnant.

À commencer par sa nature, sur laquelle on a longtemps épilogué. On croyait qu’il s’agissait d’une cheminée volcanique débarrassée de son cône. Depuis, les scientifiques ont tranché. Il s’agirait des restes d’un immense cratère qui aurait explosé à l’ère primaire. Il ne présente de fait aucune voie facile.

Sa silhouette altière et bien balancée a de tout temps alimenté les fantasmes de pyrénéistes en recherche de cimes virginales à conquérir. Mais l’Ossau a su préserver sa réputation d’inviolabilité .

Pic du Midi d'Ossau

Pic du Midi d’Ossau

Le plus connu d’entre eux est le comte François de Foix Candale, évêque d’Aire sur l’Adour.

Selon ses dires, il aurait été le premier à fouler le sommet au XVI° siècle. L’authenticité de cet exploit est controversée. Le 20 août 1787, Junker, chargé de dresser un relevé topographique de la région, note sur son carnet la présence d’une tourelle de pierre au sommet du « Signal d’Ossau ». Sans doute une tourelle de triangulation construite par un berger aspois, à la demande des géodésiens Reboul et Vidal.

La première ascension réellement attestée est celle de Guillaume Delfau, employé de préfecture en Dordogne, le 2 octobre 1797.

Il se fait accompagner d’un guide aspois dont seul le prénom Mathieu est parvenu jusqu’à nous. Le sieur Delfau, dut éprouver une grande frayeur car il écrit au sommet : «  je vous écris mon ami, d’un lieu d’où il n’est pas sûr que je revienne. Je donnerai en ce moment tout l’or du monde pour n’y être pas venu. Si j’y reste, et que mon guide plus heureux que moi puisse descendre du lieu où nous sommes, vous recevrez ce dernier adieu de votre ami ». Abandonné par ses espadrilles, il finit pieds nus.

De retour sur le plancher des vaches, il griffonne ces quelques lignes :
« J’ai échappé mon ami au sort que méritait mon imprudence ; je suis de retour à Eaux-Bonnes, où l’on ne m’attendait plus. Bien loin de vous exagérer les dangers que j’ai courus, mon récit sera peut-être au-dessous de la vérité. J’ai fait l’action la plus téméraire qui se puisse imaginer : pour tout l’or du monde je n’essaierai pas de au lieu d’où je vous ai écrit ces quatre mots avec mon crayon ».

Les Pyrénées n’entendront plus jamais parler de lui.

En quelques années, l’ascension de l’Ossau se banalise.

En 1860, le préfet Dauribeau fait sceller dans les trois cheminées des barres de fer, afin de rendre l’ascension plus aisée.
Marcel Bourdil, pyrénéiste à la plume acérée écrira « son flanc oriental, déshonoré de crampons, sentira des congrès entiers lui passer par les cheminées ».
Quelques-unes ont été depuis descellées par des puristes.

Depuis, l’Ossau a été gravi par toutes ses faces.
Il n’en demeure pas moins que l’ascension du Pic par la voie normale, débarrassée de ses crampons, n’est pas chose aisée.

Par Gérard Caubet

Découvrez la randonnée “Tour du Pic du Midi d’Ossau” en groupe accompagné avec La Balaguère
La Balaguère propose aussi des ascensions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*