Les Pyrénées

Impossible de parler des Pyrénées au singulier. Elles sont plurielles par essence. L’heureux randonneur qui pourrait d’un pas, un seul, enjamber la chaîne du nord au sud, la traverser d’est en ouest , la gravir de bas en haut, aurait l’impression de visiter autant de pays qu’il existe de jours dans l’année.
De cette diversité, naît une attirance profonde pour ces monts sourcilleux où l’on rêve sans cesse de revenir.

Par Gérard Caubet

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Une cordillère dressée  entre France et Espagne

Vues du ciel, les Pyrénées apparaissent  comme un bourrelet montagneux séparant la France de l’Espagne. De part sa forme longue et étroite, les géographes parlent de cordillère. Pour les géologues, la chaîne pyrénéenne est une cicatrice provoquée dans l’écorce terrestre par une blessure profonde due à  la dérive des continents et à la collision des plaques européennes et africaines.
Vues du plancher des vaches, elles se dressent, telles une muraille tantôt verte ou  bleutée, ceinte d’une couronne de neiges éternelles.
L’Aneto, le point culminant s’élève à 3404m. Il se trouve entièrement en Espagne
Une liste officielle recense 129 sommets dépassant les 3000m.  La plupart se laissent gravir sans difficulté mais on peut aussi en faire le tour.

Une grande variété de paysages

Le randonneur est toujours surpris par la variété des paysages qui défilent devant ses yeux. Ils sont en perpétuel changement.
Des chapelets de lacs s’égrènent jusqu’aux altitudes les plus élevées. Partout, l’empreinte humaine est omniprésente. Très discrète, elle aurait commencé dès le néolithique, comme en témoignent les nombreux tumulus, cromlechs et pierres dressées qui se rencontrent un peu partout. Les versants couverts de forêts, s’élèvent au dessus de vallées étroites et sinueuses. Les granges d’altitude trônent aux milieux de prairies laborieusement entretenues. Bordées de haies de frênes, elles témoignent d’une activité  pastorale très vivace.

Une mosaïque de climats

La grande diversité des climats pyrénéens provient de l’étirement de la chaîne et de son effet de barrière entre le nord et le sud. A l’est, l’ambiance méditerranéenne domine. En Espagne, il est quasiment subdésertique et contraste avec les influences océaniques de la côte basque. L’influence de l’altitude est fondamentale. Au-delà de 3000 m, on peut observer des micro -climats quasiment polaires. Les contrastes sont saisissants. C’est ainsi que palmiers, vignes et oliviers prospèrent sans complexe au voisinage immédiat des neiges éternelles.

Une montagne idéale pour la randonnée

Un maillage ténu d’itinéraires fait des Pyrénées un terrain de randonnée idéal. Sentiers et chemins n’ont rien d’artificiel. Sans le savoir, les pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle mettent leurs pas sur d’anciennes pistes néolithiques, recyclées en voies romaines, elles-mêmes converties en GR.
Autrefois, faisant fi des montagnes, les communautés villageoises étaient reliées par des chemins carrossables, au sens de l’époque ; c’est à dire à dos d’homme ou de mulets. Un énorme trafic de marchandises transitait pas les cols.
Les sentes de bergers surprennent par l’intelligence de leur cheminement. Zigzagantes sans excès, elles gravissent les pentes les plus abruptes pour donner accès aux  pâturages d’altitude.

Une grande diversité des milieux et d’espèces animales et végétales

Un fort endémisme végétal et animal caractérise les Pyrénées. Entendre par là des espèces exclusivement pyrénéennes. Certaines, comme l’euprocte (sorte de triton) ou la ramondia (plante tropicale, unique représentante de sa famille) sont des survivances de temps géologiques reculés. Elles sont observables sans difficulté à la seule condition de les chercher au bon moment et au bon endroit. L’ours fait couler beaucoup d’encre. Entre les pros et les antis, la rupture semble consommée. Fort heureusement sa méfiance naturelle vis à vis de l’homme met le randonneur à l’abri des rencontres. Dans un monde ne laissant plus de place à l’inconnu, de nouvelles espèces sont régulièrement découvertes. Il en est ainsi de « triton de l’acherito »  en 2010.

Un riche passé

L’histoire des Pyrénées s’est écrite au fil des temps à l’aune des relations tumultueuses et capricieuses entre la France et l’Espagne.
La paix des Pyrénées signée sous Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz était censée y remédier.
Par la suite, les choses ne se sont pas arrangées pour autant. Entre la révolution, les conquêtes napoléoniennes et la guerre d’Espagne, autant de pommes de discordes se sont fait jour.
Il faudra attendre l’avènement de l’Europe pour que les relations s’apaisent et se normalisent. Il est surprenant de constater comment des survivances anachroniques des anciens régimes continuent de subsister .

Un patchwork politique et culturel

Aujourd’hui, de part et d’autre des Pyrénées coexistent des organisations politiques très dissemblables. République en deçà des Pyrénées, royauté au-delà, et par çi  par là, de remarquables exceptions comme l’Andorre ou le Pays Quint.
En Espagne, l’avènement de Juan Carlos, a permis l’émergence politique, culturelle et linguistique de fortes identités régionales.
La diversité des langues parlées est l’effet le plus visible de cette disparité.
Chaque autonomie, dotée des pouvoirs politiques les plus étendus, reconnaît, en plus de l’espagnol, une langue officielle différente de ses voisines. Le basque constitue à lui seul une énigme.
Chez nous, bien que le français soit constitutionnellement la langue de la république, les langues dites minoritaires commencent à faire leur chemin.

Un florilège de fêtes

La montagne passe à tort pour un milieu où l’on s’ennuie ferme le soir autour du feu alors que la tempête fait rage à l’extérieur. Dans les Pyrénées, point de tout cela. Le pyrénéen a le sens de la fête chevillée au corps. Toutes les occasions sont bonnes.
Certaines plongent leurs racines dans le vieux fond mythologique pyrénéen. Il en est ainsi des nombreux carnavals dont l’ours, mi-dieu mi-homme est la vedette. Les spécialistes parlent de survivance des bacchanales antiques.  Les célébrations autour de la « reconquista » sont omniprésentes côté espagnol. D’autres, comme la « Trobade du Canigou », sont l’occasion pour les catalans d’affirmer leurs racines identitaires. Depuis plusieurs années, le cirque de Gavarnie, sert de décor naturel à des représentations théâtrales.

Le pays de la bonne chère

La gastronomie pyrénéenne est le ciment des cultures régionales, voire locales. Les arabes par exemple, durablement implantés sur la péninsule ibérique ont profondément marqué les habitudes alimentaires. Les grandes découvertes initiées par Christophe Colomb ont permis l’entrée par l’Espagne de produits nouveaux. Des légendes sont à l’origine de  certains plats comme le cassoulet. En Espagne les tapas sont érigées en rituel quasi sacré.

Une économie dynamique

La richesse économique des Pyrénées a longtemps reposé sur l’abondance de minerais et de bois. La forêt décimée, anéantie pour le besoin des mines à survécu par miracle.
Mais tout ayant une fin, la misère a conduit une importante diaspora à chercher fortune aux Amériques notamment les Basques et les Béarnais.
L’avènement de la houille blanche suscita la construction frénétique de lacs de barrages. La montagne était couverte de baraquements d’ouvriers. Partout résonnaient les déflagrations de dynamite et le heurt métallique des pics sur le caillou. Avec le temps, la nature a digéré les stigmates de ces  travaux pharaoniques dont on peine à imaginer l’ampleur. Ces innombrables lacs de montagne font aujourd’hui partie du patrimoine naturel pyrénéen et ne procurent au randonneur que joie et bonheur.

Un moteur touristique non polluant

Le tourisme a connu son âge d’or au second empire. Son empreinte architecturale se lit dans toutes les grandes stations thermales. De Victor Hugo à Chateaubriand, tous les grands auteurs romantiques sont venus dans les Pyrénées, s’imprégner des « sublimes horreurs ».
Puis vint le mirage de l’or blanc avec son cortège d’espoir et de désillusions.
Actuellement dans les vallées désertées par les usines, le fleuron de l’économie pyrénéenne est l’élevage. Ses produits trouvent dans le tourisme un débouché important. Un original artisanat  local subsiste en lien avec l’activité agricole traditionnelle : sonnailles, parapluie de berger, etc.
Le tourisme de randonnée s’affirme de plus en plus comme un vecteur économique de poids. Il bénéficie d’indéniables avantages parmi lesquels un environnement naturel de qualité et un patrimoine authentique.

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