L’Habitat traditionnel basque

Randonner au Pays basque avec La Balaguère, c’est aussi s’intéresser à tout ce qui fait l’originalité et le caractère de ce territoire d’exception.

Parmi ses traits distinctifs il en est un reconnaissable entre tous : l’exte, autrement dit la maison. Originellement construite en bois, c’est à partir du 17ième siècle qu’elle prend sa forme actuelle. Il existe 3 grands types architecturaux, qui possèdent cependant quelques points communs. Ainsi, bien souvent, la façade de la maison est orientée vers l’est pour tourner le dos aux trop fréquentes pluies et  bourrasques venues de l’Atlantique. Les autres murs n’ont que très peu d’ouvertures.

Le rez-de-chaussée est réservé au bétail et à la cuisine tandis que les chambres sont situées à l’étage. En général, le volume de l’habitat est conséquent. Fréquemment, un linteau décoratif renseigne sur le nom du propriétaire-bâtisseur et la date de construction.

Au Pays Basque, pendant longtemps, la coutume successorale assurait la transmission et la conservation intégrale du patrimoine à travers le droit d’aînesse. L’ainé, sans distinction de sexe, avait l’obligation d’héberger ses parents avant de transmettre le bien à son premier enfant. Un devoir sacré incombait à l’héritier : conserver, gérer et défendre le domaine ancestral de la meilleure manière possible.

La maison labourdine représente le style le plus courant et aujourd’hui le plus copié.

Le Labourd, s’étend de Bayonne à Urrugne, et plus à l’intérieur, recense les jolis villages de Sare, St Pée sur Nivelle ou encore le gros bourg d’Hasparren.

La façade principale des maisons labourdines se distingue par ses pans de bois apparents qui  surplombent un rez-de-chaussée maçonné et percé d’un porche intérieur appelé « lorio ». Les murs sont blanchis à la chaux.

L’exte est chapeauté par une toiture à deux versants peu inclinés afin d’offrir moins de prise au vent. Souvent, le toit est plus long d’un côté que de l’autre. Les volets ont eux aussi cette couleur rouge, devenu le rouge basque.

A partir du 19ième siècle, apparaissent également des bleus très foncés et des verts profonds.

La maison bas-navarraise se situe sur une aire géographique qui s’étend de Saint-Etienne-de- Baïgorry et Saint Jean-Pied-de-port au sud à Bidache au nord. Tout en pierre, son aspect architectural est plus sobre. Elle subit l’influence de la Navarre espagnole dont elle fit partie jusqu’en 1530. Souvent, au niveau du grenier, court un long balcon de  bois qui, bien abrité par l’avant-toit, sert surtout au séchage des récoltes. De beaux blocs de grès aux tons chauds encadrent les ouvertures.

La maison souletine se trouve dans la partie la plus orientale et la plus montagneuse du Pays basque sur le territoire de Mauléon, Tardets-Sorholus, Saint-Engrâce…

Son type est proche de l’habitat béarnais, avec un toit à quatre pentes bien inclinées, couvert de tuiles plates ou d’ardoises. Elle n’est plus d’un seul tenant mais souvent en équerre avec plusieurs bâtiments autour d’une cour. Son volume est plus modeste qu’en Basse-Navarre ou en Labourd. Les murs sont, la plupart du temps, conçus avec des galets des gaves, des schistes et parfois de la brique.

Au début du 20ième siècle la maison labourdine inspire les architectes qui « invente » le style néo-basque. Ces derniers prennent quelques libertés avec la tradition. Ainsi, les ouvertures se multiplient, de nouveaux matériaux sont introduits, l’habitation prend de la hauteur…

Villa Arnaga

Villa Arnaga

L’un des plus beaux exemples de cette adaptation se trouve à Cambo-les-Bains. Il s’agit de la villa Arnaga, construite pour Edmond Rostand par l’architecte Joseph-Albert Tournaire.

Par William Boinot
Concepteur-rédacteur et Journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*