L’hôtellerie de la Reine Hortense fut-elle un hôtel de passe haut de gamme ?

L’hôtellerie de la reine Hortense est une de ces adresses qu’on se passe sous le manteau.

On n’y vient pas par hasard.  Pour la trouver, il faut commencer par gravir une route incertaine qui grimpe en lacets sur les flancs du col de Riou.

Passé un ultime virage, l’hôtellerie apparaît enfin à l’endroit où la voiture ne peut aller plus loin.
Rien de tape à l’œil, une simple maison typique avec sa grange attenante.
La belle terrasse ombragée offre un panorama exceptionnel sur le pic de Cabaliros dominant Cauterets d’un à-pic de plus de mille mètres.
À l’intérieur règne une chaleureuse pagaille et une ambiance décontractée plus plus.
Au mur, des photos anciennes évoquent le Cauterets des temps passés.
Quelques habitués accoudés au comptoir semblent durablement installés dans le décor.
Ici on ne parle pas à voix feutrée.
La gouaille de l’aubergiste agit comme un catalyseur d’ambiance.

Quel lien a la Reine Hortense avec ce lieu perdu ?

D’un air entendu avec petit sourire en coin, l’aubergiste ne se fait pas prier pour raconter l’histoire.

Née à Beauharnais, Hortense est la mère de Napoléon III.

Elle est mariée un peu contre son gré à Louis Napoléon Bonaparte frère cadet de Napoléon I°.
Le mariage se révèle désastreux.
Cette union la tourmente.
De plus, toute la cour jase sur sa légèreté de mœurs.
Cette sulfureuse réputation excite la jalousie de son royal époux dont les cornes l’empêchent de passer la porte.

Louis devenant roi de Hollande, elle prend de fait le titre de Reine.
La mort de l’aiglon en 1832, fait de son fils l’héritier des prétentions bonapartistes.
Son fils aîné Napoléon Charles décède au mois de mai 1807 à l’âge de 4 ans.
C’est ainsi que Louis Napoléon deviendra empereur des Français en 1852 sous le titre de Napoléon III.

Minée de chagrin par la mort de son fils, elle fait un séjour à Cauterets du 18 juin au 8 août. Elle randonne beaucoup.
Pas bégueule pour deux sous, elle n’hésite pas à pousser la porte des plus humbles masures pour se sustenter d’une tranche de pain noir trempé dans un bol de lait de chèvre.
Le hasard lui fait rencontrer Descazes, un jeune et fringant cauterésien récemment tombé en veuvage.
Entre eux se crée une amitié profonde fondée sur une communauté de douleur.
Un jour alors qu’elle revient de Luz par le col de Riou, éclate un orage d’une violence inouïe.

Hortense et son guide trouvent refuge dans l’hôtellerie qui plus tard portera son nom.

Éclairs et coups de tonnerre résonnent dans la montagne, amplifiés par l’écho.
Les mauvaises langues racontent à l’envie qu’elle aurait trouvé dans les bras de son guide réconfort et motifs à calmer sa frayeur.

Toujours est-il que le futur Napoléon III naîtra 9 mois plus tard.
Calendrier en main, biographes et commères se livrent à un savant décompte sur la date de la conception de l’impérial rejeton. Elle est située en juillet 1807, date du séjour d’Hortense à Cauterets.
Le recensement précis des braguettes présentes à ce moment-là-là dans l’entourage de la reine, dresse l’inventaire des pères putatifs.
Plusieurs noms circulent dont celui du guide cauterésien.

C’est l’hypothèse retenue par la fierté locale.
Une des preuves avancées est l’attachement que Napoléon portera aux Pyrénées en général et à Cauterets en particulier.
Il y fera venir le train, construira le pont Napoléon, la route thermale etc.
Une simple question d’ADN.

Par Gérard Caubet

Un circuit de La Balaguère s’achève en apothéose par un dîner dans l’hôtellerie de la Reine Hortense : consultez la randonnée-balnéo Cauteret Gavarnie

Related posts:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*