Catharisme, religion ou hérésie ?

Marcher en Pays cathare dans les traces de l’histoire du catharisme.
Le randonneur en Pays cathare met ses pas dans une histoire qui a failli faire basculer le destin de la France.
L’establishment de l’époque s’est trouvée ébranlée par cette hérésie ou religion, selon le point de vue d’où l’on se place.

Principale concernée, l’église romaine qui s’estimait seule détentrice de la vérité religieuse.

Le catharisme ne donne à voir aucun témoignage matériel de son existence.
Les cathares n’ont rien bâti, rien écrit.
Les châteaux eux-mêmes que l’on dit cathares ne le sont pas. Leur construction est ultérieure.
Le catharisme nous est connu par les actes des tribunaux de l’inquisition.
Pour le découvrir, le randonneur doit s’en imprégner par des lectures, se projeter au XII° siècle et laisser vagabonder son imagination.

Pays CatharePour appréhender l’importance du catharisme, il suffit de savoir que les églises cathares étaient au nombre de 800 environ. Indépendantes les unes des autres, elles étaient regroupées en quatre évêchés : Carcassonne, Albi, Toulouse et le Razès (Limoux).

La doctrine cathare s’inscrit dans une logique de retour au christianisme primitif opposant le Bien et le Mal.

D’une part Dieu source de perfection et de bonté. De l’autre Satan l’ange déchu ayant perdu son statut d’éternel.

De cette dualité découle un certain nombre de principes érigés en dogme.
L’univers de Dieu est celui des âmes, le monde matériel celui du diable dont il faut s’extirper.

Par voie de conséquence, les cathares refusaient farouchement l’eucharistie, les reliques très en vogue à l’époque, la trinité et l’incarnation du Christ. Le signe de croix était considéré comme une marque d’idolâtrie.
La Vierge ne serait pas une femme mais un ange descendu du ciel qui aurait simplement abrité Jésus sans le nourrir.
Les cathares ne reconnaissaient qu’une seule prière le Pater et un seul sacrement le baptême appelé aussi « Consolamentum ».

La population cathare se divisaient en deux groupes sociaux plus un.

Tout en haut de la pyramide les Parfaits, hommes ou femmes appelés aussi Bonshommes ou Bonnes femmes.  Les parfaits et parfaites étaient en quelque sorte des pasteurs dévolus au prêche de la bonne parole. L’accession au statut de parfait se faisait par le Baptème ou consolamentum pratiqué à la manière des apôtres par imposition des  mains.
Le consolamentum était délivré aux adultes consentants en âge de réfléchir et aux mourants.

Les parfaits se devaient de respecter scrupuleusement un mode de vie d’ascète.

Ils travaillaient et vivaient en communauté dans des maisons spéciales.
Les parfaits et les parfaites allaient toujours par deux du même sexe pour ne pas s’exposer aux tentations de la chair.
L’inquisition se saisira de ce simple détail pour les faire accuser de bougrerie (homosexualité) et les envoyer au bûcher.
Les cathares avaient une croyance indéfectible dans la réincarnation. Chaque animal pouvant être l’enveloppe charnelle de son voisin, les parfaits avaient interdiction d’en consommer.

Les croyants constituaient le gros de la troupe.

Leur vie quotidienne n’était pas soumise aux mêmes contraintes que celle des parfaits. Ils étaient simplement initiés à la prière du Pater. Les péchés des croyants n’étaient pas considérés comme très graves, du fait qu’ils étaient considérés comme prisonniers de leur enveloppe charnelle.
Le mariage n’existant pas, ils pouvaient s’adonner librement à l’acte de chair.
La rencontre d’un croyant et d’un parfait donnait lieu au « Melhorament » forme d’adoration de ce dernier. Tout croyant pouvait à tout moment devenir Parfait en recevant le Consolamentum. Le baptême des Consolés, forme « light » du Consulamentum permettait aux mourants d’obtenir la rémission de leurs pêchés.

Les sympathisants constituaient la masse de la population.

Ils procuraient aux cathares une protection passive mais efficace. Sans eux le catharisme n’aurait pu se diffuser. Ils étaient particulièrement nombreux parmi la noblesse occitane.

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Par Gérard Caubet

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