La passerelle d’Holzarté

La passerelle d’Holzarté (ou Holtzraté) est une vielle dame conçue en 1920 par des Italiens pour faciliter l’accès des bûcherons aux forêts du même nom.

L’édifice étonne par sa hardiesse et son élégance.
L’étymologie à elle seule en fournit la description. « Holtze arte » du basque « «entre parois »
Semblant flotter au-dessus de la canopée, la passerelle franchit d’un seul jet les 67 mètres qui séparent les deux lèvres du canyon d’Olhadubi. Sous vos pieds, 150 m de vide. Émotion garantie.

passerelle d’Holzarté

passerelle d’Holzarté

Pour aller simplement voir la passerelle et en revenir, il faut compter 1H30 au départ du gîte d’étape de Logibar.

Les gros mollets préféreront la parcourir en boucle en passant par le cayolar d’Olhadibi puis reviendront à Logibar en prenant le GR10 à rebrousse poil.
Holzarté est un incontournable du séjour Balaguère à Basaburia.

La promenade commence par longer les berges paisibles et boisées du Olhadoko Erreka modeste qui affluent du gave de Larrau.
Ce moment bucolique ne dure pas. Une rude montée se présente au détour d’un virage.
Elle est équipée de marches sensées faciliter la progression. Ce n’est pas vraiment le cas.

Quelques gouttes de sueur plus tard, la passerelle d’Holzarté s’impose au regard.

La végétation dense à cet endroit ne laisse nullement entrevoir la profondeur de l’abîme. Il faut s’en approcher pour en prendre la mesure.
Deux solides portiques en béton soutiennent l’ouvrage. De simples câbles constituent son squelette. Ils servent à soutenir le tablier fait de planches disjointes laissant parfois entrevoir le vide.
Lors du passage d’une troupe de randonneurs, un léger tangage peut se faire ressentir.
Généralement, il se trouve toujours parmi eux un petit malin pour la faire tanguer un peu plus. Un mouvement de panique s’emparer immanquablement des âmes sensibles. Il peut aller jusqu’au refus de traverser.

La fragilité de la passerelle n’est qu’apparente

Ce ne sont pas quelques marcheurs, fussent-ils en surcharge pondérale qui risquent de mettre l’ouvrage en péril.

D’autant, qu’on se rassure, il ne reste pas grand-chose de la passerelle initiale.
De récents travaux de rénovation ont été entrepris pour la sécuriser.
À l’exception des portiques, les câbles et les planches ont été remplacés. Un garde-fou a même été installé pour parer à toute éventualité.

La construction de la passerelle pose toujours question.

L’objectif premier des constructeurs était de pouvoir tendre un câble entre les deux rives. Il fallait pour cela mettre d’abord une corde. Mais comment ?
Les hypothèses les plus farfelues circulent. Celle d’un pigeon dressé un fil attaché à la patte. Cette autre d’une méga arbalète ou cette autre encore d’un cerf-volant …

Plus sérieusement, deux longues cordes lestées sont descendues de part et d’autre jusqu’au torrent par le simple effet de la pesanteur. Tout en bas, un homme les réceptionne et les noue ensemble. Des treuils puissants les remontent et les tendent.
Elles servent à tirer des câbles de plus en plus gros sur lesquels est fixé le tablier.
Et le tour est joué.

Par Gérard Caubet

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