Les ânes dans les Pyrénées : une reconversion réussie

Pendant des siècles les ânes ont partagé au quotidien la rude vie des paysans montagnards.

Dans les Pyrénées toutes les familles en possédaient au moins un, comme en témoignent les Anciens qui évoquent encore avec nostalgie les ânes de leur enfance. Ces « chevaux des pauvres », sobres et résistants, portaient les charges de toutes sortes sur leur bât, tiraient les charrettes, tractaient les araires et les herses. L’été ils accompagnaient les bergers dans les estives et, même, aidaient les chiens à protéger les troupeaux de l’attaque des prédateurs.
C’est ainsi que se sont forgées, au fil des ans, des lignées d’ânes proches des hommes et particulièrement bien adaptés à la montagne. Issus à l’origine du Sud et du Sud-Ouest de la France et de la Catalogne espagnole, ils différaient un peu d’une vallée à l’autre mais se ressemblaient tous par leur pelage noir, leur ventre clair et leur nez blanc.

Et puis est venue la mécanisation.

Désormais même les refuges étaient ravitaillés par hélicoptère. Les ânes ne servaient plus à rien et ils disparaissaient à toute allure…

Heureusement, l’histoire des ânes dans les Pyrénées ne s’arrête pas là.

En 1994 un groupe de passionnés fonde l’APY, Association Nationale des Éleveurs d’Anes et de Mulets des Pyrénées. Ils ont pour objectif de sauver la race en en fixant les critères, en en organisant l’élevage et en trouvant de nouveaux débouchés pour les ânes.

En 1997, la race « Âne des Pyrénées » est reconnue par le ministère de l’agriculture.

46 nouvelles immatriculations sont enregistrées en 2000, 69 en 2011. L’âne des Pyrénées est désormais sauvé. On en distingue deux types, tous deux à la robe noire unie : l’âne de type « gascon » (entre 1,20 et 1,35m au garrot) utilisé comme âne de bât et de traction, et l’âne de type « catalan » plus grand (au-dessus de 1,35m) utilisé aussi pour la production de mules et mulets, par croisement  avec des juments. Ces mules et mulets (stériles) sont reconnus par les Haras nationaux sous le nom de « Mulets des Pyrénées ».

Mais avoir des papiers de race officielle ne suffisait pas aux ânes pour garantir leur avenir.

Il leur fallait aussi réussir leur reconversion en retrouvant du travail dans le monde moderne. Un défi qu’ils sont en train de relever grâce à la diversification de leurs compétences, comme dirait un DRH… Voici donc à quoi travaillent les ânes aujourd’hui tout au long de la chaîne des Pyrénées:
–    Ils entretiennent les prés de nombreuses granges devenues résidences secondaires.
–    Ils sont les outils privilégiés des maraîchers désireux de pratiquer une culture raisonnée.
–    Les ânesses fournissent leur lait précieux pour la confection de produits cosmétiques de qualité.
–    Comme les chevaux, les ânes participent aux loisirs d’extérieur en étant montés ou attelés. Leur douceur et leur sensibilité en font aussi d’excellents thérapeutes auprès des personnes handicapées.
–    Enfin ils ont permis l’apparition d’une nouvelle forme de randonnée douce : la randonnée avec âne de bât.

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Les ânes portent les bagages (selon sa taille un âne porte entre 30 et 40 kg) et accompagnent de leur pas sûr les marcheurs petits et grands.
Voilà pourquoi on entend de nouveau, dans les vallées,  retentir le « chant » des ânes qui se répondent de pré en pré. Ce sont souvent de purs Pyrénéens à la robe noire, mais on voit aussi des ânes gris, bruns ou à taches, nés de croisements aléatoires…des sans-papiers tout aussi sympathiques que leurs cousins racés.

On trouvera les adresses des âniers qui louent des ânes pour la randonnée, avec ou sans accompagnateur, en consultant le site : bourricot.com
Un livre fait référence : « L’âne des Pyrénées, une terre, des hommes », de Thierry Rabier.

Par Emmanuelle Angot.

Découvrez son blog : les ânes d’Azun.

Découvrez toutes les randonnées avec des ânes proposées par La Balaguère.

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