Les Arres d’Anie : un désert minéral

D’origine calcaire, les « Arres » sont une curiosité naturelle à voir absolument.

Elles ne sont pas uniques dans les Pyrénées, mais les plus étendues d’Europe. Vous pouvez découvrir les arres d’Anie lors du circuit à Basaburia de La Balaguère.

Avec ses voisines de l’Insole, de Soumcouy et quelques autres, les Arres occupent le haut des vallées de Barétous et de Roncal, à califourchon entre la France et l’Espagne.
L’eau est absente de la surface. Elle s’écoule goutte à goutte dans les entrailles de la terre pour former un des plus grands réseaux souterrains du monde.

photo des arres d'Anie

Arres d’Anie © G.Caubet

Imaginez une immense calotte glaciaire figée dans la pierre pour l’éternité.

Le calcaire mis à nu par l’érosion est sillonné de profondes crevasses. De loin en loin, quelques pins à crochets sont l’un des seuls signes de vie dans cet univers minéral. On a parfois la surprise d’en découvrir dans un matelas « d’herbe à sieste » ponctué de touches florales colorées.
On s’aperçoit rapidement que dans les Arres, le plus court chemin n’est pas la ligne droite. Une cuvette large et profonde, oblige à faire un détour. Juste après une autre, puis encore une autre. Plus loin, une zone rocheuse se présente. Elle est plate en apparence mais de prés, elle est fracturée dans tous les sens. Pour la traverser, il faut souvent sauter, parfois contourner. Soudainement, une profonde faille barre la route sans prévenir. A cet endroit, la croûte terrestre semble s’être effondrée. Traverser les Arres en son milieu relève de l’exploit.

Par beau temps le paysage est féerique.

Au loin la photogénique silhouette du pic d’Anie pointe vers le ciel comme une gigantesque pyramide. Il veille avec bienveillance sur son petit monde. Le danger vient du brouillard. On le voit rarement monter de la vallée. Il se forme sur place par la simple condensation de l’humidité ambiante sur les pierres chauffées à blanc. L’orientation devient difficile. Rien ne ressemble plus à un pin à crochet qu’un autre pin à crochet. Jauna Gorri (le seigneur rouge) est le génie tutélaire des lieux. Ses colères provoquent le déclenchement des orages. Elles sont terribles et soudaines.

Nous sommes ici à un carrefour de culture.

Le basque et le béarnais s’entremêlent et se superposent. Les sommets portent souvent deux noms comme le Pic d’Anie dénommé Ahunamendi selon l’endroit d’où on le regarde.
Pour rajouter à la confusion ambiante le vocabulaire scientifique est slovène, comme les ours…. (Je plaisante). Les géologues appellent lapiaz ou karst cette curieuse formation alors que localement le terme Arres est utilisé (du basque harria, la pierre).

On est frappé par le silence. Pas le moindre chuintement d’eau ne vient le troubler. Elle est totalement absente. C’est uniquement en approchant d’un creux que peut-on entendre parfois le goutte-à-goutte, dont les entrailles de la terre renvoient l’écho.

Par Gérard Caubet

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