L’hermine, hôte discret des refuges de montagne

L’hermine s’invite discrètement à la table des refuges de montagne.

L’animal est farouche, mais se laisse facilement observer à la condition expresse de rester immobile et silencieux. C’est là le hic ! L’autre condition est de la chercher au bon endroit. En général pas loin des poubelles et des lieux de pique-niques où elle sait qu’elle trouvera quelques provendes à se mettre sous la dent.

Un redoutable carnassier se cache derrière ce clown comique et gracile.

Les rongeurs dont il régule les populations, constituent son ordinaire. Doux euphémisme pour dire qu’il en fait grand carnage. Malgré son penchant avéré pour la chair dodue et délicatement persillée des campagnols, la facilité le conduit à fréquenter les abords des refuges et les lieux de pause où traînent toujours quelques miettes de pain ou un bout de gras de jambon délaissé par une randonneuse soucieuse de sa ligne.

Ses mensurations sont modestes, de 20 à 30 cm plus la queue.

L’hermine possède deux costumes dans sa garde-robe. L’été point de chemisette à manches courtes mais une livrée bicolore, brune sur le dessus et blanche sous le dessous. Sa tenue d’hiver est d’un blanc immaculé à l’exception du plumet noir qui orne le bout de la queue. Le spectacle qu’elle donne est toujours captivant. Ondulante comme un tuyau d’arrosage que l’on déroule, elle vaque à ses occupations semblant ignorer son public.

hermine

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Qu’on ne s’y trompe pas, l’animal est sur le qui-vive. À la moindre alerte, il se redresse, observe fixement l’intrus, analyse la situation et en cas de danger file vers son terrier où il disparaît.

Sa fourrure était autrefois très prisée des grands de ce monde.

Jusqu’à peu, elle ornait l’étole des magistrats. Elle est aujourd’hui remplacée pas une peau de lapin teinte en blanc. Mais tout le monde de renonce pas, en particulier les Papes. Certains habits liturgiques font toujours grand usage de la fourrure immaculée de notre charmant mustélidés. Il en est ainsi de la « mosette », sorte de petite pèlerine de velours rouge, et du « camauro », bonnet rouge, qui n’est pas sans rappeler le bonnet du père Noël.

Par Gérard Caubet

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