La cheminée du Canigou

La cheminée du Canigou est un de ces passages emblématiques qui font le piment de la Haute Route Pyrénéenne.

Pour le randonneur ayant traversé des Pyrénées depuis l’Atlantique, l’ascension du Canigou est une consécration.
La suite de la HRP n’étant qu’une descente en roue libre vers la grande bleue.

Randonnée dans la cheminée du Canigou © B.Jamorski

Ascension du Canigou © B.Jamorski

Contrairement à d’autres passages célèbres, la cheminée du Canigou n’a rien de naturel.

Elle doit son existence à l’invention de la dynamite découverte une trentaine d’années auparavant par Alfred Nobel.
L’idée de « faire péter » le passage a germé dans l’esprit fécond de Charles Durier, Président du CAF, écrivain et alpiniste.
Cet honorable et explosif cafiste n’en est pas à son coup d’essai. C’est à lui que l’on doit l’idée du train du Montenvers reliant Chamonix à la mer de glace.
Le 18 Août 1896, assisté de quelques « dynamiteros » professionnels, la poudre ébranle le sommet du Canigou. Le toit de la Catalogne résonne des explosions et du roulement des rochers précipités dans le vide.

Aujourd’hui, la difficulté de la cheminée n’est pas à la hauteur de sa redoutable réputation.

Des précautions sont certes nécessaires. Les nombreuses prises sont larges et confortables. Le principal danger réside dans les chutes de pierres pouvant être déclenchées par inadvertance par des randonneurs aux pieds palmés.

Extrait du journal l’Indépendant relatant l’événement.

« Quelques moments après, au milieu du silence tombal de ses solitudes une détonation retentit, énorme, colossale, ébranlant la montagne dans ses bases, se répercutant en ondes d’une sonorité immense jusque dans les fonds les plus lointains. Une gerbe immense d’éclats, une mitraille de projectiles, des masses de fumée suivent la détonation, et des myriades de blocs sont projetés dans le fond de l’énorme couloir d’éboulis, avec un fracas formidable. Ce spectacle est d’une grandeur sublime ; l’impression en est inoubliable ».

S’ensuit un raout d’honneur pour Charles Durier.

« Bientôt, au commandement de feu, une salve de 21 coups de dynamite salue le président Durier en l’honneur duquel d’éclatants vivats sont poussés pendant qu’on sable le champagne ».

Ascension du Canigou vers la cheminée © B. Jamorski

Ascension du Canigou vers la cheminée © B. Jamorski

Par Gérard Caubet

3 réflexions au sujet de « La cheminée du Canigou »

  1. C’est vrai que la cheminée du Canigou est emblématique, et moins redoutable que sa réputation laisse penser. Par contre, la cheminée n’a rien à voir avec la brèche Durier, qui se trouve 200m plus au sud, c’est-à-dire avant d’arriver à la cheminée en venant du Refuge de Mariailles. C’était fait pour faciliter l’escalade (la vraie) de la face est du Canigou, avec un accès direct depuis Chalet des Cortalets.

  2. Pour ce qui est de la sortie de la brèche en rando estivale, repérer le spit sur la paroi gauche quelques mètres avant le bloc coincé et finir en escalade dans du III au maximum.
    Monter au plus facile au dessus du spit plutôt vers la droite (20 mètres) et dès que l’on aperçoit le chemin de crête au dessus de la brèche , ne pas vouloir le rejoindre directement mais continuer sur cinq mètres vers le haut dans du facile. Sans corde possible mais aérien et quelques prises pour les mains instables.

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